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Péri-implantite

“Il est indispensable de traiter la péri-implantite dans sa globalité”

Le Dr Hector Sarmiento possède une vaste expérience du traitement de la péri-implantite.

Il a récemment publié une classification et un protocole de traitement de base avec différentes alternatives chirurgicales. Nous lui avons demandé de partager son opinion et ses conclusions.

Dr Sarmiento, combien de cas de péri-implantite voyez-vous dans votre pratique quotidienne ?

Dr Sarmiento : Beaucoup de mes correspondants savent que je me spécialise dans ce domaine. Je dirais qu’environ 70% de mes patients souffrent d’une complication biologique qui nécessite une intervention au niveau d’un implant.

C’est un pourcentage assez élevé...

Dr Sarmiento : Oui, mais il ne faut pas oublier que le nombre de personnes atteintes de péri-implantite est assez élevé. Environ dix pour cent de tous les implants finissent par développer une péri-implantite après huit ans. Les niveaux osseux péri-implantaires sont influencés non seulement par les conditions pathologiques, mais aussi non pathologiques. Notre compréhension de la péri-implantite a certainement évolué au cours des dernières décennies. Cependant, sa classification se limite aux descriptions de la progression de la maladie ou à une classification liée à l’os et aux tissus mous (mucosite péri-implantaire ou péri-implantite).


Est-ce pour cela que vous avez publié un nouveau système de classification ?

Dr Sarmiento : Nous avons publié le premier système de classification basé sur l’étiologie.1 Nous voulions identifier diverses étiologies et établir un système de classification basé sur la pathogénie.

Quelles ont été vos principales conclusions ?

Dr Sarmiento : La majeure partie de la perte osseuse était liée à l’un des facteurs suivants :

  1. le biofilm, y compris du fait de facteurs iatrogéniques,
  2. les irritants exogènes,
  3. l’absence de tissu kératinisé,
  4. et une pathologie intrinsèque.

Ce système de classification permet au clinicien de diagnostiquer correctement la péri-implantite basée en fonction de son étiologie. (Fig. 1)


Cela signifie-t-il le choix d’une thérapie en fonction de l’étiologie de la péri-implantite ?

Dr Sarmiento : En effet. Lorsqu’un diagnostic est lié à un composant bactérien, le clinicien peut utiliser des thérapies non chirurgicales ou chirurgicales, ou une combinaison des deux, pour empêcher la progression ultérieure de la maladie. En plus de cette thérapie ciblée, le clinicien doit avoir une meilleure vision de l’intervention et du pronostic de l’implant. Je suis persuadé que la détermination de la cause sous-jacente de la péri-implantite aidera fortement le clinicien dans le choix d’une intervention chirurgicale réussie.

Par exemple, en cas d’excès de ciment sur la surface de l’implant, l’élimination de la source devrait conduire à l’élimination du facteur causal, conduisant ensuite à une approche régénérative. Si la cause est l’absence de tissu kératinisé, l’objectif sera dans ce cas l’amélioration des tissus mous tout en agissant sur les implants. Si la perte osseuse résulte d’une réponse inflammatoire liée à la présence de biofilm, l’intégration de cet implant peut être réduit et avoir un pronostic à long terme diminué. 

D’autre part, en cas de péri-implante liée au ciment résiduel, qui pourrait être plus facile à traiter, on aura ainsi une réponse prévisible au traitement et un pronostic d’efficacité.

Des préventions ciblées basées sur l’étiologie sont-elles également possibles ?

Dr Sarmiento : Elles sont absolument possibles ! La cause principale implique généralement les bactéries, c’est pourquoi les patients doivent suivre des règles strictes de contrôle de plaque. Comme nous l’avons noté dans notre étude,1 78,8 % des cas de péri-implantite étaient liés au biofilm ou à l’inflammation avec une perte osseuse induite par les bactéries.

Une meilleure compréhension de la microbiologie aiderait-elle ?

Dr Sarmiento : Alors que nous continuons à mener d’autres recherches sur la péri-implantite, nous devons nous concentrer sur l’initiation de la progression de la maladie et son impact sur sa sévérité. Je crois que la compréhension de la microbiologie de la mucosite péri-implantaire doit être l’objectif principal de la prévention de la péri-implantite.


En plus de la classification, vous avez également publié un protocole de traitement de base suivi de différentes alternatives chirurgicales.2

Dr Sarmiento : Nous avons publié une option de traitement pour avoir un protocole de base de traitement de la péri-implantite d’une manière prévisible, surtout quand il s’agit de l’approche régénérative.2 La qualité du débridement et de la décontamination est essentielle. (Fig. 2)

Après un débridement mécanique approprié et une détoxification de la surface implantaire par association de solutions chimiques et de laser, un biomatériau osseux doit être choisi en fonction de caractéristiques que la littérature a montrées supérieures. Quand il s’agit de péri-implantite, nous choisissons en routine un substitut osseux xénogénique. Tous les principes fondamentaux de la ROG doivent être pris en considération, y compris la stabilisation par une membrane de collagène et le repositionnement sans tension des tissus mous.

Cependant, aucune des approches chirurgicales ne s’est avérée meilleure en termes de profondeur de sondage et de saignement...

Dr Sarmiento : Après avoir recueilli tous nos résultats, nous avons conclu, à partir de notre enquête, que les trois approches chirurgicales différentes peuvent toutes être efficaces dans le traitement de la péri-implantite.
Néanmoins, une évaluation comportant des risques et des avantages qui tiennent compte des résultats fonctionnels et esthétiques de chaque approche devait être effectuée.


Évaluation bénéfices/risques ?

Dr Sarmiento : Cela implique un examen clinique et radiologique détaillé de chaque patient ainsi que l’utilisation d’un traitement non chirurgical avant la chirurgie. Une fois l’évaluation effectuée, l’élimination de l’étiologie est d’une extrême importance, suivie du retour à la santé de l’os et des tissus mous péri-implantaires. Enfin, pour assurer les résultats à long terme les plus efficaces, les patients ayant une chirurgie doivent être revus tous les 3 mois.


Grâce à votre approche régénérative, combien d’implants êtes-vous en mesure de maintenir sur une période d’environ cinq ans ?

Dr Sarmiento : Nous avons été en mesure, et cela est prouvé, de sauver la plupart des implants. Comme les études l’ont montré, le taux de réussite est élevé. Nous aussi avons eu un degré élevé de succès, dans plus de 500 cas de péri-implantite traités, en utilisant une approche régénérative avec Geistlich Bio-Oss®.


Quelles conclusions pouvons-nous tirer des facteurs étiologiques ?

Dr Sarmiento : Selon le système de classification, il a été évident que de nombreux échecs se sont produits en raison de l’excès de ciment. C’est pourquoi, nous recommandons généralement d’utiliser une restauration vissée. Cependant, si ce n’est pas possible, le clinicien doit prendre toutes les précautions lors du scellement des couronnes. Le clinicien doit également s’assurer de faire un suivi périodique des patients en ayant des visites de maintenance suffisantes de sorte que l’absence d’inflammation gingivale soit assurée.

Lorsque l’on considère les tissus mous, la priorité est ici de s’assurer, non seulement, que le tissu kératinisé est présent, mais aussi la gencive attachée. Il existe plusieurs solutions chirurgicales, y compris de nouveaux matériaux alternatifs à la greffe de tissus mous tels que les matrices de collagène, qui se sont avérées jusqu’à présent très efficaces ; donnant des résultats positifs.

Enfin, le clinicien peut toujours choisir, le cas échéant, le gold standard dans l’augmentation de tissus mous qu’est l’utilisation de la greffe de tissu conjonctif ou la greffe gingivale libre par prélèvement d’un greffon au palais du patient.


Vous avez également utilisé Geistlich Fibro-Gide®…

Dr Sarmiento : Oui, j’ai intégré l’amélioration des tissus mous dans mes traitements au cours des quatre dernières années. Il a été assez difficile d’amener les patients à accepter une deuxième procédure de greffe de tissu mous, étant donné qu’ils avaient déjà eu une procédure chirurgicale invasive pour sauver leurs implants.

Pendant un certain temps, j’ai été à la recherche d’un biomatériau pour remplacer les greffes autologues. L’utilisation de Geistlich Fibro-Gide® au cours des 13 derniers mois a conduit à des améliorations significatives, facilitant mon approche.

Cette matrice a également été un grand atout pour amener les patients à aller de l’avant avec leurs plans de traitement. Dans ma pratique, les patients ont été plus disposés à accepter les traitements de péri-implantite, à partir du moment où j’ai utlisé  Geistlich Fibro-Gide®.


Y a-t-il un réel besoin clinique pour un substitut des tissus mous comme Geistlich Fibro-Gide® dans le contexte du traitement de la péri-implantite ?

Dr Sarmiento : Bien sûr. Je pense que, parce que nous étions tellement concentrés sur le traitement osseux de la péri-implantite, nous n’avons pas réalisé l’importance de l’amélioration des tissus mous. Il est absolument crucial de traiter la péri-implantite dans sa totalité c’est-à-dire à la fois le problème des tissus mous et de l’os. C’est pourquoi nous voulons aller de l’avant avec l’intégration de l’aménagement des tissus mous dans le traitement de la péri-implantite.


Que pensez-vous de la nouvelle classification péri-implantite du Workshop mondial ? 3

Dr Sarmiento : J’ai été ravi de voir l’American Academy of Periodontology travailler à accroître la sensibilisation à la péri-implantite. L’échec, lorsqu’un clinicien n’a pas d’historique radiographique d’un implant, est si fréquent, je suis heureux qu’ils l’aient souligné.


Les preuves sont encore rares dans ce domaine. Comment communiquez-vous cela à vos patients ?

Dr Sarmiento : Il y a beaucoup de techniques chirurgicales publiées. Si les facteurs étiologiques de la maladie sont compris, vous serez en mesure de savoir si un traitement est prévisible ou non. Un patient doit comprendre que même lors de la greffe d’un cas qui n’est pas si prévisible, votre objectif est toujours de sauver l’implant.

Le patient doit être informé de chaque technique utilisée et du fait qu’elle pourrait ne pas fonctionner pendant 10 ans. Comprendre qu’un implant ne sera probablement pas éternel est une idée extrêmement importante qui doit être partagée avec la population en général.

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